Criteo prend de l’ampleur

Criteo

Criteo vient de lever un montant de 7 millions d’euros. Les investisseurs sont le fonds Index Ventures, déjà dans le capital de Skype et Joost, ainsi que les partenaires historiques de Criteo, AGF Private Equity et Elaia Partners. C’est une aubaine pour cette jeune start-up française spécialisée dans l’analyse prédictive en temps réel. Elle va désormais pouvoir se déployer en Europe alors que la concurrence s’avère déjà redoutable, notamment à cause de l’arrivée de concurrents américains tels que Aggregate Knowledge et ChoiceStream (qui viennent de lever 20 et 25 millions de dollars !)

Alors que les catalogues des sites d’E-commerce sont de plus en plus conséquents, le filtrage apparaît comme une solution de plus en plus incontournable pour transmettre les bonnes informations aux bons utilisateurs. Voilà une des priorités pour l’avenir de l’Internet marchand.

Les systèmes de filtrage et outils de recommandation équipent de plus en plus de sites d’E-commerce. Comme on le sait, la référence dans ce domaine est le système mis en place par Amazon. La méthode est désormais bien connue : on choisi le titre d’une œuvre (film ou livre par exemple) puis de nouvelles suggestions d’achats, souvent pertinentes, nous sont ensuite proposées grâce à un petit logiciel traitant les pages vues par des trackers. Criteo s’adresse donc, en premier lieu, aux sites d’E-commerce. Les recommandations, à condition d’être pertinentes, permettent d’augmenter le panier moyen tout en mettant en valeur le fond de catalogue. La technologie exploite ainsi les ressources de la « long tail ». Mais Criteo peut aussi compter parmi ses clients des portails de contenus (sites d’annonces immobilières ou recherche d’offres d’emploi…), des blogs, et des plates-formes publicitaires. Pour Jean-Baptiste Rudelle, patron de Criteo, il n’y a que le business model, basé sur le partage des revenus, qui change d’un type de client à l’autre: « Dans l’E-commerce, qui représente les deux tiers de notre chiffre d’affaires, nous prenons un pourcentage de 5% des ventes incrémentales, alors que pour les portails de contenus et sites médias, nous facturons au millier de pages vues ».

Quant à la technologie, elle fonctionne dans n’importe quelle langue puisqu’il s’agit d’analyser les préférences et le comportement des internautes.

Au niveau des performances, Criteo se montre efficace puisque d’après Jean Baptiste Rudelle, les internautes qui cliquent sur les widgets Criteo ont un panier moyen 40% supérieur aux autres.

Pour 2008, la société prépare de nouveaux services pour les bloggeurs. Il s’agit notamment de Criteo Cloud : « nous réalisons une cartographie d’un site en fonction d’un univers de mots-clés. Puis lorsqu’un visiteur arrive, un nuage de tags apparaît avec les mots-clés les plus pertinents selon son profil. Si l’internaute clique sur un de ces tags, il atterrit sur une page de résultats listant les pages du site qui y sont liées », explique Jean-Baptiste Rudelle.
Criteo widget

Ce devrait être, selon lui, le produit phare de Criteo pour cette nouvelle année. A tester des maintenant en version bêta

Abandonner son panier ou sauvegarder sa navigation ?

Après en avoir discuté au salon de la VAD avec un de nos lecteurs, Olivier, responsable de 42Stores, le sujet se retrouve aujourd’hui indirectement dans le “20Minutes” parisien.

Comment gérer le problème de l’abandon de panier ? Une des réponses que l’on propose fréquemment, c’est de permettre l’internaute de le retrouver plus tard !

Aujourd’hui, l’attitude des e-commerçants est relativement simple : on ne permet pas facilement aux clients de se renseigner, de remplir leur panier puis de différer leur achat. Un client qui remplit un panier avec un écran plat, se tâte puis sort du site n’a que peu de moyens de changer d’avis facilement et de revenir dans le funnel d’achat qu’il avait quitté. Les e-commerçants prennent ce problème d’abandon de panier comme une plaie alors qu’il est une opportunité fantastique de générer un CA supplémentaire. Si le client a rempli son panier, c’est qu’il a d’une certaine manière fait état d’un besoin. Peut-être qu’il n’a pas les finances nécessaires pour valider l’achat ou qu’il n’a pas l’assentiment de son conjoint (!) voire qu’il faisait cela pour vérifier que “oui- les frais de ports sont bien plus chers chez vous que le voisin;-) .

Certains acteurs gèrent ce problème de l’abandon de panier en proposant deux choses:

  • Si vous êtes un client identifié (loggé), le panier sera enregistré et réapparaîtra lors de votre prochaine visite
  • Si vous n’êtes pas identifié (ce qui est probable), le panier sera enregistré et lié avec le cookie du visiteur (ce que fait d’ores et déjà Pixmania), avec deux limites: 1)Le cookie n’est pas immortel (cf. la suppression par les outils type Norton/Symantec). 2)Le cookie n’est pas éternel (30 jours, souvent.)

Pour aller plus loin et impliquer un peu plus le client avec son panier, une des solutions est de permettre au client de le sauvegarder ou de revenir facilement dans son funnel d’achat. Personnellement, je vois deux possibilités :

  • Le permettre sur votre propre site : parmi les services que je connais, Agendize permet notamment d’enregistrer son panier vers de nombreus supports (PDF, Mobile, mail, …)… Je vous encourage à aller faire un tour sur leur panier de démo et cliquer sur “Save For Later”. Peut-être que d’autres solutions existent sur le marché - je vous encourage à les partager avec toute la communauté des lecteurs !
  • Agendize


  • Du côté client, un petit plugin Firefox imaginé par les labos du MIT, relayé par 20Minutes, permet d’enregistrer les pages ou même la séquence de clics, de sélections et de saisies de formulaire qui conduisent à l’affichage de la page que l’on veut sauvegarder… Cela marche aussi bien pour des sites d’ecommerce “classiques” que pour des voyagistes ou autres configurateurs de produits (Dell). Je vous l’accorde, la solution n’est pas d’une simplicité enfantine et c’est surtout le rôle de l’e-commerçant d’améliorer l’expérience d’achat. Cela étant, ne refusons pas au client d’améliorer lui-même sa propre expérience et d’installer ce genre de plugin ! ;-)

Capture d’écran de Smart Bookmarket
Smart Bookmarker - Sauvegarder son panier

Les projets des responsables de site d’e-Commerce pour 2008

Il est venu le temps de la rentrée et des études Forrester. Dans leur dernier papier, il est question des grands chantiers de l’e-Commerce. Naturellement, il est question d’améliorer l’expérience utilisateur dans le but d’augmenter le taux de conversion visiteur-client, la valeur moyenne du panier et la fidélisation.

L’année dernière l’accent avait été principalement mis sur le design, et l’efficacité (ROI/conversion) avec une profonde refonte des logiques d’investissement sur la génération de trafic et une plus forte intégration multicanal (l’objectif est de vendre, le canal est secondaire ;-) )

Au programmme des 150 e-commerçants interrogés, on retrouve cette année :
Exemple de menu dépliant

  • Refonte des pages d’accueil avec intégration de fonctionnalités poussant le client à revenir quotidiennement. Il s’agit de savoir vendre la nouveauté et la promotion, comme c’est le cas sur n’importe quel étalage ou boutique dans le mortar. Les solutions évoquées sont :
    • Mettre en avant les top ventes et créer une section “Les nouveautés”
    • Introduire des barres de navigation avec des menus dépliants et des listes avec roll-over (pas sûr que la compatibilité et l’accessiblité soit au rendez-vous…)
  • 88% des personnes interrogées veulent repenser leurs pages produits pour donner plus de place aux notations/tests des utilisateurs (voir la récente levée de fonds de Bazarvoice) et à la mise en valeur des produits (photographie, vidéo, modèle 3D…)
  • La mise en place d’une solution de live chat est envisagée par 33% des e-Commerçants interrogés (la guerre des services…)
  • 53% envisagent de repenser le processus de validation du panier (tout n’est pas perdu, il vaut mieux tard que jamais ;-) )

On notera aussi que la plupart des sondés est guérie de la fièvre 2.0 (pas de maturité marketing pour ces outils) et 51% des sondés reconnaissent que le mail est la manière la plus efficace de garder le contact avec ses clients, surtout pour leur pousser de nouveaux produits (le plan de vie client doit être pensé avec la stratégie de mailing).

Vous trouverez plus d’information sur l’article de Silicon.com.

La conversion… 34h19′ après le premier clic !

On en avait parlé récemment: le fantasme de tous les emarketers, à savoir celui du client magique qui achète dans la minute après avoir vu une magnifique bannière est assez loin de la réalité !

Marketing Sherpa et l'etude du taux de transformation et de la durée de décision d'achatMerci à Michel Definod, un de nos lecteurs, de nous avoir très sympathiquement relayé cet article de Marketing Sherpa, qui révèle qu’il se déroule en moyenne 34h et 19 minutes (sic) entre le premier clic pour se renseigner et l’achat final sur un site d’e-commerce.

Sans donner trop de crédit à cette donnée trop précise pour être honnête, on peut dire que les internautes achètent entre 1 et 2 jours après le premier clic.

La donnée intéressante relayée par Marketing Sherpa, c’est que cette durée est en constante augmentation: la dernière étude réalisée en 2005 avait donné une durée moyenne de 19h après le premier clic. Pour moi, deux raisons à cela:

  • Une multiplication des offres: je cherche plus longtemps parce que je veux être sur de faire la bonne affaire (bon prix) avec le bon vendeur (bonne qualité de service)
  • Une démocratisation de l’accès à internet et de l’utilisation de l’ecommerce, qui séduit des clients plus conservateurs que le “techno-geek” moyen prêt qui sait ce qu’il veut et est prêt à l’acheter rapidement sur son site préféré.

Le taux de transformation doit donc clairement prendre en compte l’implication des visiteurs en fonction des produits vendus: on ne se décide pas aussi facilement d’acheter un écran plat à 2000 euros et un DVD à 20 euros (même si Vente-Privée avait il y a quelques mois … fait très fort). La règle des cookies à 30 jours est donc une moyenne du marché publicitaire qui pourrait même être adaptée en fonction des types de produits vendus par les annonceurs, mais cela complexifierait sans doute un petit peu les choses !

Vous me payez un café ?

Vous me payez un Starbucks ?Dans la suite de Loic pour le prix d’un café par jour, il y a bien d’autres idées géniales ;-) Lorsque mon voisin me donne un coup de main pour déménager un meuble, je lui offre une bière. Lorsque je tombe sur le blog de Douglas Karr, et qu’il me refile un bon tuyau, je lui offre un café chez Starbucks…

Une idée d’affiliation sympathique, avec certainement un ROI intéressant, car l’approche est très long tail. Je ne sais pas concrétement comment se répartissent les revenus, je ne sais pas si Starbucks est vraiment dans le coup. En tout cas le lien vous renvoie directement sur une page de paiement avec toutes les solutions de paiement carte et Paypal autorisées. Le prix affiché est de 5$ (le prix d’un grand café il me semble). Tout ceci n’est pas trop mal fait, à ceci près, qu’ils auraient pu mettre une photo d’un café (voire me dire quel est le café préférré de Douglas) car là, finalement, j’ai des doutes sur l’utilisation réelle de mon argent…

Page suivante »