Quelques réflexions sur leWeb3 / Jour 2

Suite de mes pérégrinations au Web3… la fatigue commence à s’installer ;-)

La principale remarque que je ferais vis à vis de cette journée, c’est que l’intérêt pour la performance et la conversion au sein du site - une fois que l’on a attiré le trafic le plus qualifié possible - commence à se manifester sérieusement. Et pour cause : les capitaux-risqueurs (les VCs pour les intimes) sont clairement à la recherche d’investissements dans ce secteur. Ce fut le cas lors de la première table ronde de la matinée “Making things personal… investing” où l’un des investisseurs présents a fait le constat que l’e-commerce avait à être dépoussiéré. Les sujets “chauds” du moment pour cet investisseur: la webanalyse, le ciblage comportemental et tous les outils qui traitent de la performance sur Internet…

Ceci fut confirmé quelques dizaines de minutes plus tard par Saul Klein, créateur du concours de start-up Seedcamp et investisseur chez Index Ventures : on investit aujourd’hui tellement dans les adwords qu’il faut réfléchir de manière un peu plus fine à la suite du process d’achat. Merci Saul, cela fait du bien de l’entendre venant de la scène ;-)

Autre panel intéressant, celui concernant la monétisation dans le web 2.0, animé pour Ouriel de Techcrunch et auquel participaient Pierre Kosciusko-Morizet de PriceMinister, Frédéric Montagnon d’Over-Blog et Jeremie Berrebi de Zlio. Quelques chiffres: PriceMinister fait 1,5M de VU par jour (oui!), Over-Blog génère 5M€ de revenus par an sur de la publicité, Zlio 140 000$ par mois de revenus (je crois avoir entendu 2M€ de C.A. généré chez les partenaires par mois). Les discussions tournèrent beaucoup autour des business model et de la manière de générer du “vrai argent” grâce à son site. Les intervenants se sont accordés à dire que la “widgetisation” de l’e-commerce ne rapportait rien et n’avait pas encore trouvé le business model sous-jacent, même si cela permet de créer un peu de notoriété. Autre considération révélée par PKM: aujourd’hui les grands e-commerçants se lancent dans l’intermédiation (Market Place) car ils ne font pas beaucoup de marge sur l’e-commerce pur. Amazon tirerait ainsi la vaste majorité de sa marge de sa place de marché et non des produits stockés en propre ! Evidemment, lorsque l’e-commerçant arrive à mettre les moyens techniques et marketing pour permettre l’intermédiation, il se donne les moyens de générer de la marge pure (en prenant en compte des coûts de gestions des marchands professionnels ou amateurs présents sur la plate-forme).

A part ca, et en faisant un peu de hors-sujet par rapport à nos thèmes préférés, JP Rangaswami de chez British Telecom a fait un exposé plutôt brillant et lucide sur la notion d’ “Entreprise 2.0″ : comment intégrer les réseaux sociaux dans les entreprises ? Là où dans les petites structures le crédo est “The best way to predict the future is to invent it” (Adam Kay, créateur de l’interface de Windows), les grandes entreprises freinent des quatre fers : “The best way to invent the future is to prevent it“. Les employés font du Facebook toute la journée ? On leur coupe. Les employés font du MSN toute la journée ? On leur coupe. Le problème, souvent, est que la structure de l’entreprise créé la stratégie (et non l’inverse). De fait, la notion de partage au sein des “big caps” ne serait qu’un doux rêve. Selon JP, personne ne veut partager. Je me suis souvent fait la même réflexion lors de mes précédentes expériences, où la suspicion règne lorsqu’il s’agit de récupérer des informations sensibles pour avancer. Avant de réfléchir à mettre en place des outils 2.0, il faut que l’ensemble des acteurs agissent 2.0, ce qui est souvent le cas dans les jeunes entreprises et moins dans les autres qui finissent par définir des process, des niveaux de responsabilités et donc des silos d’information. Un exposé relativement dense, donc, mais qui laisse peu d’espoir à ceux qui veulent vendre du 2.0 pour les grandes entreprises en interne. Terminons sur l’intitulé exact de son intervention: “Pourquoi l’entreprise 2.0 … n’existe pas” !

Beaucoup moins lumineux : Dave Winer - l’inventeur du RSS - est venu présenter son nouveau projet : mettre en fond d’écran de chaque télévision 24h24 (lorsque vous ne regardez pas d’émissions bien sûr) des images de ses amis ou des sujets que l’on aime tirées de flux RSS. Un projet lumineux en soi, puisqu’il consiste à consommer de l’énergie alors qu’il y a 95% de chances pour que vous ne regardiez pas ces photos. Evidemment, une question de la salle l’a interpelée sur ce point. Lui s’est contenté de répondre: “vous ne pourrez comprendre que lorsque vous aurez acheté un écran HD, c’est magnifique. Et puis, après tout c’est une question de choix“. La personne insistant sur la notion de responsabilité vis à vis de la société, Dave Winer a conclu par un “j’ai répondu à votre question. Parlons plutôt d’Opensocial de Google par exemple“. Cela laisse un peu pantoi sur l’état d’esprit de certains de nos confrères américains, surtout lorsque leurs interventions sont précédées par celle de Hans Rosling et suivies par celle de Tom Raftery par exemple.

Mon sentiment global : leWeb3, c’est le monde des start-ups, et pas vraiment celui de l’e-commerce ou de l’édito. Un événement très bien organisé qui justifie la tarification des inscriptions et qui est principalement un prétexte pour se rencontrer, la plupart des acteurs étant venu principalement pour cela en se reposant dans leurs fauteuils lors des interventions ;-)

Quelques réflexions sur leWeb3 / Jour 1

Comme indiqué il y a quelques jours, je participe à la grand messe annuelle du web et des start-ups… à savoir LeWeb3. Je vous épargnerai le résumé intégral des conférences, et pour cause : avec toutes les rencontres du jour (clients, partenaires, …) j’ai à peine pu assister à la moitié ! ;-)

Voici donc quelques réflexions sur “mes” moments forts de la conférence, et en tout cas ceux que je voudrais partager avec vous dans l’optique de blog centré sur la “conversion” des visiteurs au sens large.

Evan Williams - Fondateur de Twitter

J’ai tout d’abord trouvée l’intervention du fondateur de Twitter (service proche de la messagerie instantanée) très mitigée… (tiens, d’ailleurs, il est en train de s’asseoir à côté de moi pour la conférence actuelle de 17h40 ;-) ). Très intéressante , d’abord, par l’approche qu’il a adopté lors de la création de ce service minimaliste. Son crédo: de la contrainte naît l’usage. Les services en général ont une facheuse tendance à vouloir proposer toujours plus : plus de fonctionnalités et donc, au final, plus de complexité. Si Twitter a réussi, c’est notamment parce qu’il a contraint l’utilisateur à envoyer des messages de 140 caractères maximum.

Human interface cognitive load is proportional to the number of clicks / keystrokes / gestures

Ses autres exemples pour illustrer son interrogation “What can you create by taking away” / “Que pouvez-vous créer en enlevant des fonctionnalités ?” : Facebook a décollé parce qu’il s’est d’abord limité aux universités, Google a réussi parce qu’il a fait la même chose que Yahoo sans 99% des autres fonctionnalités. Pour faire un parallèle avec une conception de site internet efficace, cela fait ressortir une chose fondamentale : donnez des indications claires à vos visiteurs. Cessez de pousser les 10 priorités internes et sachez prioriser parmi celles-ci. Qu’est-ce qui est important pour votre business ? Qu’est-ce qui ne l’est pas ? Comme on le dit souvent, votre site internet doit être le reflet de votre stratégie !

Le problème de son intervention apparut en fait à la fin… dès que la question de la monétisation de Twitter est apparue. J’ai tendance à penser que si la monétisation n’est pas évidente dès le départ pour les créateurs du site, elle le restera (très) longtemps pour ceux qui seront censés financer le service (à savoir les annonceurs, ou le public). Quand je vois des acteurs écarter de façon aussi cavalière la question de la monétisation, j’ai peur que l’euphorie ne retombe pour tout le monde d’ici quelques mois.

Philippe Starck - What is social about design
Le pape français du design a parlé de tout sauf de web, donc de design, de lui… et il faut avouer que cela fut très rafraichissant. Avec un accent français caricatural, il a décrit sa manière d’aborder le processus de création et le design. Puisque quelques mots valent plus qu’un long discours, voici la toute fin de son intervention, avec le fameux blogueur Robert Scoble qui lui demande son avis sur le Kindle d’Amazon, le nouvel e-book qui a fait beaucoup parler de lui. J’aime sa manière simple d’aborder les produits et leur ergonomie … si cela pouvait être le cas pour l’ensemble des responsables de site ;-)

L’impact d’internet sur le design
A retenir, la sortie prochaine de MyDeco.com, e-commerçant de mobilier et de décoration américain avec des promesses assez intéressantes concernant l’assortiment de produits, et la prévisualisation en 3D des pièces meublées… Démo prometteuse !

A part ca, beaucoup de rencontres intéressantes avec Criteo, Holistis

PS: j’entends en ce moment beaucoup parler d’Amadesa, un outil destiné à améliorer la conversion via de l’analyse d’audience et du testing : qu’en pensez-vous ?

A demain !

Rencontrons-nous au Web3 la semaine prochaine !

Rencontrons-nous au Web3 les 11 & 12 décembre à Paris : j’y serai ! N’hésitez pas à me contacter à l’adresse tfaivre-duboz (at) converteo.com ou au +33 6 33 68 34 85. Parenthèse refermée ;-)


Le Web 3